Inro dragon

Inrô à quatre cases présentant un décor en continuité sur les deux faces d’un dragon sortant des nuages. Les nuages tourbillonnant sont en laque or taka maki-e, hira maki-e, kirigane aogai (burgau) et nashi-ji, le dragon est en écaille de tortue, le tout sur un fond de laque noire. L’intérieur est en laque nashi-ji.

Le Dragon est très souvent présent sur toutes sortes d’objets dans l’art asiatique. Le Dragon est avant tout le symbole de l’empereur, qui tient son mandat des forces célestes. C’est également une puissance qui, si elle peut se révéler posséder une formidable force destructrice, est avant tout une force protectrice. Cette force hors du commun est représentée par les deux barbillons qui symbolisent également la longévité et soulignent donc son immortalité.

Le Dragon est ainsi souvent représenté volant dans le ciel, semblant surveiller ce qui se passe sur terre, en-dessous de lui, ou montant un peu plus haut dans le ciel.

La Perle, elle, que le Dragon chasse, tient d’une symbolique plus compliquée. Le sens le plus commun est que cette perle enflammée possède une essence sacrée qui transmet son pouvoir au Dragon. Elle serait également la représentation de la sagesse, le Dragon, symbole de l’empereur, étant alors celui qui dirige son empire avec sagesse. Mais cette Perle pourrait aussi symboliser le Soleil, la Lune et la Foudre ou une combinaison de ces trois éléments, et servirait ainsi à rappeler que le Dragon est un animal cosmique. Là encore, on retrouve un lien avec l’approbation que les forces célestes conféreraient à l’empereur, régnant au nom du Ciel.

L’ojime est en pierre dure.

Japon, période Edo (1603-1868)

Hauteur : 7 cm – Largeur : 6,4 cm

Le netsuke, de type manjû, est en bois ; il représente sur une face le guerrier Minamoto no Tametomo en armure avec un des démons de l’île d’Onigashima qui tente vainement d’arracher la corde de son arc. L’autre face montre un bateau en train de couler, touché par une seule flèche de Tametomo. Selon les versions, il s’agit d’un bateau du clan Taira ou d’un bateau envoyé par le gouverneur d’Izu pour arrêter Tametomo.

On note un regain d’intérêt pour les héros historiques durant les années 1870, période pendant laquelle ce type de netsuke était produit.

Un manjû tout à fait similaire est présent dans les collections du musée universitaire d’Oxford, le Ashmolean Museum. On peut voir une reproduction de cet objet dans l’ouvrage Manjû : Netsuke from the Collection of the Ashmolean Museum, Joyce Seaman, David Battie, Ashmolean Museum, 2013, P.214

Japon, période Meiji (1868-1912), vers 1870.

Hauteur : 4cm – Largeur : 4,5cm

Minamoto no Tametomo (1139-1170) fut un des plus fameux archers de son époque. Il avait, dit-on, une taille de sept pieds et le bras gauche beaucoup plus long que le bras droit, ce qui lui permettait de manier des arc d’une longueur inusitée.

Pendant les troubles de la guerre de Hôgen (1156), il démontra un jour sa force et son adresse comme archer en transperçant avec la même flèche le corps de deux guerriers. Il fut finalement capturé et exilé par Taïra Kiyomori sur l’île d’Ôshima en Izu mais avant de l’exiler, Kiyomori lui fit couper les muscles d’un de ses bras pour le rendre inoffensif. La blessure guérit cependant, assure la légende et Tametomo, après s’être rendu maître des îles d’Izu, songea à reprendre la lutte contre les Taïra. Le gouverneur de la province d’Izu fut alors chargé de l’arrêter mais lorsque son bateau fut en vue de l’île habitée par Tametomo, celui-ci s’avança sur la plage et lui lança une flèche avec une telle force qu’elle en perça la coque et le fit sombrer. Il se retira ensuite dans sa maison, y mit le feu et se suicida. Mais la légende n’admet pas cette fin assez prosaïque pour un tel homme. D’après elle, Tametomo put s’échapper d’Ôshima sur une barque qui aborda une des îles de l’archipel Ryûkyû où il devint roi et où ses descendants formèrent une dynastie royale qui dura jusqu’à nos jours.

D’autres légendes nous relatent son amitié avec une cigogne et un loup lors de son séjour forcé sur l’île de Kyûshû. Sur l’île d’Onigashima de l’archipel de Ryûkyû, il soumit tous les démons en leur démontrant sa supériorité physique.

Les artistes japonais ont souvent représenté Tametomo sur les objets d’art, soit dans quelque épreuve de force devant les démons de Onigashima, soit coulant le bateau à l’aide d’une flèche. Il est aussi figuré sur les billets de banque japonais de 1875.
Source : Kô-Ji Hô-Ten

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