Inrô laque canards

Inrô de trois cases en laque noir à décor en raden (incrustation de nacre) de canards mandarins sur l’eau ou en vol sur les deux faces.

L’une des faces montre quatre canards (un par case) dans différentes postures parmi un décors de feuilles de bambou stylisées. Celui du haut en vol, la tête tournée vers la droite, le deuxième orienté vers la gauche et  sur le point de se poser, les ailes écartées, le troisième en position de repos, la tête posée sur son aile, le quatrième sur l’eau, penchant la tête en avant. L’autre face présente deux canards, l’un s’envolant vers le coin supérieur gauche de l’inrô, l’autre dans le coin inférieur droit, posé et sur l’eau et la tête levée vers le premier.
Les bords latéraux présentent des motifs géométriques formant frises traités en raden.
L’intérieur de l’inrô est en corne teintée.

Le canard mandarin, oshidori (オシド), est une espèce que l’on rencontre fréquemment au Japon. Généralement représenté en couple, il a pour particularité de ne vivre qu’avec un seul partenaire toute sa vie durant. C’est pourquoi il est perçu comme le symbole de la fidélité et de l’amour conjugal.

Le bambou,  take,  est une plante extrêmement présente au Japon et qui est très utilisée dans de nombreux domaines. Ici représenté uniquement par ses feuilles, il est associé au calme et à la tranquillité.

Ce type de laque à incrustation de nacre est très représentative de  la production de l’archipel du Ryūkyū (actuelle préfecture d’Okinawa). On y dénote une forte influence chinoise, en raison des relations établies par l’archipel avec la Chine des Ming dès le XIVe siècle.

Ojime en laque noire, corne, nacre et ivoire, en forme de tambour taiko (wadaiko, 和太鼓). Fleurs de chrysanthèmes blanche et orange en shibayama sur les deux membranes du tambour. Le taiko est connu depuis au moins le VIe siècle, à la fin de la période kofun (250-538 ap. J.-C.). L’origine mythologique de l’instrument est décrite dans le  Nihon shoki (720), le second livre le plus ancien du Japon. La déesse Amaterasu, qui s’était enfermée dans une grotte sous le coup de la colère, a été rappelée la déesse aînée Ame-no-Uzume, alors que d’autres avaient échoué. Ame-no-Uzume parvient à faire sortir Amaterasu, attisée par la curiosité, en vidant un tonneau de saké et en dansant dessus. Le taiko accompagne les cérémonies religieuses et manifestations populaires

Netsuke manjû en laque noire à décor en raden (incrustation de nacre) de fleurs de chrysanthèmes (kiku, ). Cette plante introduite de Chine dès l’époque de Nara (710-794) est connue pour ses vertus médicinales. L’empereur Go-Toba (1180-1239) en fait son propre sceau. La symbolique de la fleur rattachée à la Maison impériale perdure jusqu’à aujourd’hui.

Japon, période Edo (1603-1868), XVIIIe siècle
Hauteur : 7,7 cm x Largeur : 7cm