Lièvre porcelaine Kutani

Lièvre en porcelaine de Kutani blanc-cassé et rouge, en creux ; avec sa boîte d’origine.

En japonais, le lièvre et le lapin sont désignés par un seul mot : usagi. Le lièvre occupe une place importante dans les légendes et superstitions du Japon. Comme beaucoup d’autres animaux, il est censé atteindre un âge fabuleux et devenir bleu à cinq cents ans. Dans l’art de l’Extrême-Orient, il est souvent représenté avec la lune , association qui paraît avoir sa raison d’être dans une ligne imaginaire que l’on veut voir dans cet astre et qui aurait le contour d’un lièvre.

L’histoire du lapin blanc d’Inaba est très célèbre au Japon.

Ôkuninushi est l’un des nombreux descendants de Susanô, l’une des divinités principales de la mythologie japonaise. Devant se rendre dans la province d’Inaba pour demander la main de la princesse Yagami, les 80 frères d’Ôkuninushi lui demandent de les accompagner pour porter leurs sacs. En chemin, ils rencontrent sur une plage un lapin écorché vif.
L’animal leur raconte qu’il a traversé la mer depuis l’île voisine, sur laquelle il s’ennuyait. Afin de rejoindre Inaba, il s’est joué des requins (ou des crocodiles selon les versions) en leur demandant de s’aligner dans l’eau pour les compter en sautant sur leur dos, et enfin résoudre l’une des plus grandes énigmes au monde : savoir qui des lapins ou des requins sont les plus nombreux. Le malin lapin réussit ainsi à traverser la mer, mais en arrivant sur le dernier requin, il avoue les avoir trompés et ne pas savoir compter. Vexé, le requin arrache la peau du lapin, qui réussit quand même à s’enfuir de justesse.
Les 80 frères d’Ôkuninushi conseillent au pauvre animal de se jeter dans la mer, puis de laisser sécher sa peau au vent pour soigner ses blessures. Seulement le sel contenu dans l’eau attaque la chair à vif du lapin, qui se tord de douleur sous les rires de la fratrie. Ôkuninushi lui conseille alors de se plonger dans l’eau d’une source, puis de se rouler dans du pollen de jonc. Le lapin s’exécute, sa peau guérit, et il retrouve son pelage blanc. En remerciement, il prédit à son sauveur que c’est lui qui épousera la princesse Yagami – ce qui, bien évidemment, se réalise.

La porcelaine de Kutani est basée sur la renaissance au début du XIXe siècle de la porcelaine originelle de Kutani, réalisée à  partir du milieu du XVIIe siècle à Kutani, dans le sud de la préfecture d’Ishikawa. Cette porcelaine est devenue populaire en Occident à partir de sa présentation à l’Exposition universelle de 1873 de Vienne.

Signé par Asakura Isokichi (1913-1998) à l’intérieur du lièvre.

Japan, ère Shôwa (1926-1989)
Hauteur : 12,8 cm – Longueur : 32 cm – Largeur : 11,4 cm