Ryoshi Bako - Mont Fuji - Japon

Ryoshibako en laque brun décoré en takamaki-e de laque or, argent et nacre d’une vue du Mont Fuji,
Miho no Matsubara* et d’une forêt de pins.
L’intérieur est décoré en nacre et mitsuda d’un Kuge.
Signé Koryn

Japon – Edo (1603-1868) - vers 1840
Hauteur 11,6 cm – Largeur 22,5 cm - Longueur 30 cm

Miho no Matsubara (bosquet de pin de Miho) est un lieu pittoresque situé dans la péninsule de Miho dans l’arrondissement de Shimizu-ku de la ville de Shizuoka. Ce lieu est réputé pour sa plage de sable blanc de sept kilomètres de long, bordé de pins. Il présente une grande vue panoramique sur le Mont Fuji et la péninsule d’Izu dans la baie de Suruga. Cette pinède abriterait un pin âgé de 650 ans, « Hagoromo pas Matsu ». Le sanctuaire Miho conserve un morceau de son plumage. Ce lieu serait celui de la légende de l’ange Hagoromo. L’histoire raconte qu’un être céleste survolant Miho no Matsubara, est bouleversé par la beauté des sables blancs, des pins verts et de l’eau scintillante. Elle enlève sa robe de plumes et l’accroche à un arbre pour se baigner. Le pêcheur Hakuryo marchant sur la plage aperçoit l’ange. Il lui dérobe sa robe et propose de lui rendre si elle exécute pour lui une danse céleste. Elle accepte car elle ne peut retourner dans le ciel sans sa robe. Elle danse donc dans le crépuscule de printemps à la lumière de la lune, laissant Harukyo contemplatif et envieux. Une statue de Harukyo admirant la danse se trouve à l’entrée du parc.

L’intérieur du couvercle présente un kuge à cheval. Le kuge désigne une personne de la haute noblesse impériale du Japon Ancien. En 1192 il y avait à la Cour Impériale 155 familles de « Ku-Ge » qui perdirent toutes leurs domaines et leurs pouvoirs. Néanmoins elles restèrent à leur poste auprès du Mikado. Leur noble origine leur donnait la préséance sur les dai-myo ainsi que sur les princes de la famille shogunale. Mais affublés de fonctions de parade, la plupart des kuges vivaient à la cour dans une oisiveté proche de la misère. Presque tous les kuges appartenaient aux familles Fuji-wara, Taïro, Suga-wara, Minamoto, A-bé et Kiyo-Wara.

Le décor représente Sano-no-watari ou la traversée du Sano au gué, sujet très utilisé dans la poésie ancienne «Manyoshu» en particulier par le poète Fujiwara no Teika.

« Il n’y a pas d’abri
Où je peux reposer mon cheval fatigué
Et brosser mes manches chargées : le gué de Sano et ses champs
A débordé au crépuscule dans la neige

Comme les algues salées,
Qui brûlent dans le calme du soir.
Sur la rive de Matsuo,
Tout mon être est en feu,
Attendant celle qui ne vient pas.
Si forts étaient
Nos engagements, mais entre nous
Tout a changé ;
Dans ce monde, dans le sien
Ai-je mis ma confiance …