Théière oiseaux

Théière en poterie Banko à décor d’oiseaux polychromes en relief sur fond au naturel imitant une vannerie reposant sur une sellette.  Différents oiseaux ornent le pourtour de la théière, le cou de l’un d’entre eux et la queue d’un autre formant les passants de l’anse, un canard aux ailes déployées et au large bec formant le bec verseur.

La poterie Banko est un type de poterie japonaise originaire de Yokkaichi (préfecture de Mie), au centre du Japon. La poterie Banko existe depuis 270 ans, bien au-delà des théières et des bouilloires. Elle a d’abord été créée par un riche marchand nommé Nunami Rouzan à la moitié du XVIIIème siècle. Il était passionné par la Voie du Thé et voulait créer sa propre poterie pour la dédier à cette passion. Quand on commença à remarquer ce type de poterie, la poterie Banko naquit officiellement. Le nom est dérivé de l’expression « bankofueki » dont il estampillait chacune de ses créations, et qui signifie « constance de l’éternité ». Avec cette signature, il espérait que ses créations seraient appréciées sur de nombreuses générations. Mais son art devint populaire bien longtemps après sa mort.

Peu coûteuses, produites en masse, les théières Banko ont longtemps été privilégiées par les pratiquants de la Cérémonie du Thé, pour leur finesse et leur simplicité, mais également parce que les mains huilées des gens et le tannin des feuilles de thé donnent un plus bel éclat à la poterie Banko à chaque utilisation. Une autre raison expliquant sa large utilisation est la légèreté de ce type de poterie. Le corps, le bec, la poignée et le couvercle sont réalisés avec la plus grande finesse, à partir des boudins d’argile très fins moulés sur un modèle en bois dont les pièces modulables s’imbriquent entre elles. C’est un procédé unique dans la poterie japonaise qui a été développé pendant une période de résurgence de la poterie Banko à la fin de la période Edo.

Les couleurs sombres, rouillées, si caractéristiques de la poterie Banko sont dues à la fois au mélange d’argile rouge et jaune riches en fer, et à la cuisson des pièces en terre. Un niveau bas d’oxygène et une combustion incomplète permettent au four à céramique de donner une cuisson plus comparable à un four traditionnel. Ce type de cuisson résulte en une variation de couleurs permises grâce aux températures du four et à la quantité d’oxygène présente. Les décorations sont simples, et sont réalisées quand l’argile est encore humide. Les motifs les plus fréquents sont l’écorce de pin et les fleurs. Souvent, les poterie Banko sont découpées pour laisser passer la lumière. La plupart des poterie Banko sont cuites de cette façon, mais certaines pièces sont vernissées pour donner un toucher et un rendu différents.

Signé à la base « Banko Hori Tomonao tsuku » (萬古堀友直造), « Banko fait par Tomonao Hori ». Tomonao Hori a contribué à la reconnaissance de la poterie banko en Occident.

Japon – Ère Meiji (1868-1912) – XIXe siècle
Hauteur : 11,6 cm – Diamètre : 13,1 cm