Yatate en bronze avec masque Hannya et roi shogi

Yatate de style hishaku-gata en bronze à patine brun clair. Le style hishaku-gata a été développé au début de l’ère Edo, au XVIIe siècle. Il se caractérise par un compartiment à encre (sumi tsubo) en forme de louche. Ici, ce dernier est décoré d’un masque de Hannya et d’une pièce de shôgi « roi » (ôshô, 王将). Embout de l’extrémité rond.

Hannya est dans le folklore japonais, un fantôme vengeur d’une femme. Ce type de démon (oni) est souvent présent dans le théâtre nô. C’est le cas de la pièce Aoi no Ue datant de l’époque Heian (794-1185), où la jalouse Rokujô est vaincue par la récitation du sûtra de Hannya, recommandé pour exorciser les femmes-démons.
Le shôgi est un jeu de société combinatoire abstrait traditionnel japonais. Si sa forme actuelle a été établie au XVIe siècle, il a été introduit au Japon au VIIIe siècle, à l’époque de Nara. Il pourrait avoir comme origine un jeu provenant du bassin de l’Asie centrale. Se jouant entre deux joueurs, le but est de prendre le roi adverse.

Le yatate est un kit d’écriture de voyage, utilisé au Japon de la seconde moitié du XIIIe siècle (période Muromachi, 1333-1568) au début du XXe siècle. Il fait partie, comme l’inrô, des sagemono : chose qu’on peut fixer à l’obi (ceinture). Il est constitué d’un compartiment à encre (sumi tsubo) et d’un étui pour le pinceau. Vers la fin de l’époque Edo (1604-1868), l’étui à pinceau est relié au compartiment à encre en servant également de netsuke afin d’être fixé à la ceinture.
La calligraphie demande beaucoup d’instruments tels le pinceau, la pierre à encre, le godet d’eau, que l’on retrouve dans la boîte à écriture appelée suzuribako. Afin d’être transportable, le yatate a été développé pour les itinérants comme les guerriers, les pèlerins, les voyageurs ou les marchands.

Japon – époque Edo (1602-1868)
Hauteur : 4,5 cm – Longueur : 22,5 cm – Largeur : 5 cm