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Tebako (boîte à cosmétiques) avec un fond noir et doré nashiji, à décor de plusieurs mon (emblème familial). Chaque face de cette boîte rectangulaire se divise en deux registres, séparée par un éclair en maki-e doré en diagonal. L’intérieur en laque noire présente un plateau.

Parmi les mon, il y a celui du clan Mizuno, qui descendrait de la branche Seiwa Genji du clan Minamoto. Il compte durant la période Edo plusieurs vassaux (fudai daimyô) au service du shogunat Tokugawa. Le mon appelé mizu no omodaka représente un plantain d’eau avec deux lignes ondulées pour figurer l’eau qui coule. En japonais, elle est surnommée shogunso, « plante de la victoire ».
Le diamant en écorce de pin, matsukawa-bishi a la forme de trois losanges superposés. Il s’agit du mon d’une branche du clan Takeda de la province de Kai, une puissante famille de daimyos. Le pin résiste aux hivers rigoureux et aux chaleurs extrêmes tout en restant vert. C’est également un symbole de bon augure et de longévité.
Le mon composé de quatre carrés, sumitate-yotsumeyui est utilisé par le clan Rokkaku, descendant du clan Sasaki. Les Rokkaku étaient influents dans la province d’Omi pendant la période Sengoku (milieu du XVe siècle – fin du XVIe siècle).
Le carré kuniguni-mon est utilisé par la famille Ueda. Il représente un gros tire-clou, utilisé dans la construction des temples. Ueda Sôko (1563-1650) en est son membre le plus éminent, un seigneur de guerre de la période Momoyama et du début Edo. Il a fondé l’Ueda-Sôko-ryû, une école de classe guerrière et de la cérémonie du thé à Hiroshima.
La poignée de la boîte fait figurer un pawlonia derrière un chrysanthème. C’était l’emblème du clan Toyotomi, avant de devenir le mon de la famille impériale à partir du XIIIe siècle. De nos jours, il est l’emblème du gouvernement japonais ; le chrysanthème étant utilisé pour la famille impériale.

Ancienne collection de Noël Nouet (1885-1969), peintre, dessinateur, poète et professeur de français au Japon. En 1951, il est le tuteur de français du futur empereur Akihito (1933-). Cette boîte lui a été offerte en cadeau par la famille impériale.

Japon – Edo  (1603-1868)
Hauteur  14 cm –Longueur  18 cm – Largeur  16 cm

 


Noël Nouet (1885-1969)

Noël Nouet est un peintre, dessinateur, poète et professeur de français.

Sa mère collection les estampes, notamment de Hiroshige, obtenues d’un ancien consul général au Japon. Il s’installe en 1900 à Paris en vue d’écrire de la poésie. En fréquentant des salons d’art et de littérature, il est amené à rencontrer plusieurs artistes japonais tels que Tekkan, Akiko Yosano, Takashi Tatsuno, Yaso Saiji, etc.
En 1926, il se rend au Japon pour enseigner au lycée de Shizuoka. Dans les années 1930, il réalise une série de dessins des Dix vues de Tokyo. Il y croque notamment les quartiers de Ginza et Kanda. Il recherche également les endroits peints par Hiroshige. Ses dessins sont publiés dans le magazine France et dans le quotidien Japan Times, dans des livres sur le Japon et des cartes postales. Un éditeur de Tokyo, Doi, s’intéresse à son travail et en fait graver des estampes sur bois. On le surnomme alors parfois « Hiroshige IV ».  Malgré la Seconde guerre mondiale et avoir perdu sa maison suite à un incendie en mars 1945, il reste au Japon. Il poursuit de dessiner ce qu’il voit, notamment des paysages ruinées de Tokyo. Ces dessins sont publié dans son album Tokyo, 50 dessins.
Après la guerre, il enseigne dans plusieurs université dont celle de Waseda à Tokyo. En 1951, il est le tuteur de français du futur empereur Akihito.