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Chauve-souris en bronze à patine brune, avec une de ses ailes déployée, l’autre rabattue. Niellage d’argent rehaussant quelques poils et nervures des ailes. Troue au niveau de sa gorge et sa bouche pour permettre l’accrochage.
Jusqu’au XXe siècle, la chauve-souris était très populaire dans la culture japonaise, symbolisant la chance. Plusieurs explications sont donnés quant à l’origine de son nom koumori : dérivé de kawamori, « protecteur de la rivière » ; dérivé de kawahari, signifiant la peau tendue entre les os ; ou encore kawahori, « manger des moustiques ».

Signée Ryûbundô Yasunosuke VI (1840-1921) sur son ventre : 龍文堂安之助造, Ryûbundô Yasunosuke zô, « fait par Ryûbundô ». Son nom original est Mizoguchi Kihei (溝口喜兵衛). Ryûbundô est le nom d’un atelier de métallurgie de Kyôto fondé par Ryûbun (1732-1798) puis repris par son fils Shikata Yasunoke (1786-1841). Huit générations d’artisans s’y sont succédés. L’atelier est surtout connu pour ses bouilloires à thé (tetsubin) de haute qualité.
Ryûbundô Yasunosuke VI a fréquemment exposé au et en dehors du Japon. D’abord en 1890 à l’Exposition d’Art de Tokyo (Kyôto Bijutsu Hakurankai), puis à Chicago (1893), Paris (1900) et Saint-Louis aux États-Unis (1904). Son travail est mentionné dans la nouvelle du célèbre écrivain Natsume Sôseki, Je suis un chat (Wagahai wa neko de aru, 吾輩は猫である), écrite en 1905 : « Il ne pouvait pas s’endormir sans entendre [la vapeur] de sa grande [bouilloire] Ryûbundô qui faisait un bruit semblable à celui du vent dans les pins ».

Accompagné de sa boîte de transport avec la même inscription sur le couvercle à gauche ; à droite, 銅掛斜生, dô kakenanaike, « bronze suspendu ».

Ryûbundô Yasunosuke VI (1840-1921)
Japon – période Meiji (1868-1912), fin XIXe siècle
Hauteur : 4 cmLongueur : 13 cmLargeur : 10 cm