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Porte-aiguilles en ivoire figurant un macaque japonais vu de dos, au visage de profil. Embout à dévisser pour l’ouvrir. Des aiguilles sont encore présentes à l’intérieur.

Ce singe est présent sur tout l’archipel du Japon, sauf à Hokkaido. Afin de se réchauffer, il lui arrive de prendre des bains dans les onsen, les sources chaudes dont l’eau est issue de l’activité volcanique. Pour expliquer ce phénomène, il existe une légende selon laquelle durant un hiver rude et glacial, les macaques étaient près de la mort. Les samurais qui s’en occupaient ont demandé à des chouettes une solution. Chacune avec leur bec, ont pris un singe jusqu’au soleil pour les réchauffer. Une fois revenues, elles les ont déposés sur la neige qui se mit à fondre pour créer une source d’eau chaude.
Le macaque du Japon est également assimilé aux trois Singes de la sagesse. Ce thème illustre une maxime picturale japonaise, incarnant le principe proverbial « Ne voyez pas de mal, n’entendez pas de mal, ne dites pas de mal ». Il  prend sa source dans les Entretiens de Confucius écrits entre 479 av. J.-C. et 221 : « De qui est contraire à la bienséance, ne pas regarder, ne pas écouter, ne pas dire, ne pas faire », avant d’être repris avec le conte d’un moine bouddhiste de l’école Tiantai, Ne pas voir, ne pas entendre, ne pas parler. Mais c’est surtout au Japon, où le conte a été traduit au VIIIe siècle,  qu’est associé le proverbe à la figure du singe. En japonais, les trois singes sont appelés Mizaru (見猿, Ne vois pas), Kikizaru (聞か猿, N’entends pas) et Iwazaru (言わ猿, Ne parle pas). Il y a un jeu de mot entre la forme négative du verbe et le singe saru.

Japon – Époque Edo (1603-1867)
Longueur : 9,5 cm