NETSUKE D’UN TAMBOUR TAIKO EN BOIS – EDO
Référence : 2025 – 1431
Netsuke manju en laque et maki-e sur fond gris-bleu en forme d’un tambour (taiko) traditionnel et décoré de feuillage. Himotoshi sous la base.
De forme ronde ou ovale, le netsuke manju doit son nom au gâteau rond et gonflé, cuit à la vapeur, dont la recette fut importée de Chine au début du XIIIe siècle par Shōichi Kokushi, moine et fondateur du Tōfuku-ji, un temple bouddhiste à Kyoto. Ces gâteaux étaient réputés avoir la capacité d’expulser le souffle mauvais du changement de saison. Si la plus grande partie des netsuke manju étaient réalisés en ivoire, il n’est pas rare d’en retrouver en fer ou en bois, aussi bien brut que laqué.
La plupart, comme c’est le cas ici, ont un diamètre généralement compris entre 2 et 6 centimètres, leur forme ronde rappelant celle de nos boutons contemporains, cette forme leur ayant valu le surnom de « bouton de mandarin », bien que cette comparaison soit totalement erronée quant à l’utilisation qui en est faite.
Plusieurs systèmes de fixation sont généralement employés. Ici, le manju est constitué d’un seul bloc et percé de deux trous pour laisser passer le cordon d’attache d’un éventuel netsuke.
Le terme « taiko » désigne de manière générale une grande variété de d’instruments de musique à percussion japonais, ceux-ci étant d’une incroyable variétés, selon l’utilisation qui en est faite. Les taiko ont été introduits au Japon dès le VIe siècle au travers des cultures chinoise et coréenne et des poteries datant de la période Kofun (IIIe – VIe siècle) représentant des tambours ont été retrouvées dans diverses régions de l’archipel. Ces instruments étaient alors principalement utilisés comme moyens de communications, ou bien dans le cadre de festivals aussi bien profanes que religieux. Selon une légende inscrite dans le Nihon Shoki, le second plus ancien livre d’histoire japonaise classique dont la rédaction fut achevée en 720 et offert à l’impératrice Genshō, les tambours taiko furent inventés à l’occasion d’un accès de colère de la déesse solaire Amaterasu. Celle-ci s’enferma dans une grotte et força, de fait, les autres divinités du panthéon shintō à tenter de la convaincre d’en sortir. Ces dernières se succédaient, mais le résultat était invariablement le même : Amaterasu refusait catégoriquement de sortir de sa grotte. Ce n’est que lorsque Ame-no-Uzume, la déesse de l’humour, de la danse et de la joie décida de vider un baril de saké et de danser furieusement sur ce même baril qu’Amaterasu sortit de son mutisme et de sa colère, et surtout, de sa grotte. Ainsi fut créé, selon la légende, le tambour taiko.
Cet instrument fut également utilisé à l’occasion d’évènements militaires, et notamment au cours de l’époque Sengoku (XVe – XVIe siècle) durant laquelle le besoin de communiquer des ordres se révéla être central.
Enfin, le taiko fut, et est encore largement utilisé à l’occasion de festivals divers, mais également de pièces de théâtre kabuki.
Japon, fin de la période Edo, 19e siècle (1868-1912)
Diamètre : 4.7 cm – Hauteur : 2 cm















