NETSUKE DARUMA – MEIJI
Référence : 2025-1430
Netsuke polychrome en buis représentant Daruma baillant, son habit est laqué rouge.
Daruma, nom japonais de Bodhidharma, est un moine bouddhiste d’origine incertaine, indienne ou perse, et le fondateur de l’école Chan en Chine, considéré plus tard comme le patriarche du zen au Japon. Les témoignages de la vie de Bodhidharma sont en grande partie considérés comme des légendes, et les sources historiques sont pratiquement inexistantes.
La première biographie de Bodhidharma était un bref texte écrit par le moine bouddhiste Daoxuan (702-760), près de 100 ans après sa mort. Sa légende grandissant, on attribua à Bodhidharma l’enseignement selon lequel la méditation était un retour aux préceptes originels du Bouddha. Sous la dynastie Tang (618-907), il fut considéré comme le premier patriarche de la tradition qui fut par la suite connue sous le nom de Chan en Chine, Zen au Japon, Sŏn en Corée et Thien au Vietnam. Ces noms correspondent à la prononciation du mot sanskrit dhyana (« méditation ») en chinois, japonais, coréen et vietnamien, respectivement. Bodhidharma était également considéré comme le 28e patriarche indien dans une lignée directe de transmission depuis le Bouddha.
Au Japon, dès l’introduction du bouddhisme Zen au VIIe siècle, on apprit à connaître son nom, lequel, à partir de l’époque de Kamakura (1185-1333) et l’essor des sectes suivant le courant Zen désormais bien installé sur l’archipel, fut associé à l’existence d’un personnage à la renommée légendaire. Il fut le sujet de nombreuses peintures à l’encre de Chine – lavis ou peintures dans le style des Song (960-1279) et des Yuan (1279-1368) – dans lesquelles ont le représentait comme un personnage corpulent au visage sévère.
Dans la tradition artistique japonaise, inspirée par l’épisode de sa méditation “neuf ans de contemplation du mur”, Daruma est souvent représenté sans jambes.
Ici, il bâille, une représentation rare et humoristique de ce personnage vénéré.
Des bibelots de forme ovale, inspirés de cette tradition artistique ont par ailleurs été régulièrement confectionnés : également nommés okiagari-kobōshi (moine miniature qui se relève), ils tirent ce nom du fait que leur centre de gravité, situé dans leur partie inférieure, leur permettent de se redresser une fois renversés. Encore aujourd’hui, dans les maisons de marchands, des autels sont régulièrement dédiées à ces objets, ceux-ci étant réputés apporter bonne fortune et succès commercial.
Dans nombre de provinces de l’archipel se tient, au mois de janvier, le célèbre « marché aux daruma » (daruma-ichi), attirant des foules désireuses de se procurer l’un de ces fétiches porte-bonheur.
Japon – Ere Meiji (1868-1912)
Hauteur : 3.5 cm – longueur : 6 cm -largeur : 2.5 cm






















