KOGO PIMENT – TAISHŌ

Référence : 2026-1474

Petit kogo représentant un piment, d’une laque rouge nuancée sur la partie fruit et en laque verte texturée et brillante sur le pédoncule. Le dessous est réalisé en laque nashiji sur fond noir tout comme l’intérieur a l’exception du rebord, en laque or.

Un kôgô est une boîte à encens utilisée au Japon dans le cadre de la cérémonie du thé. En terre émaillée, en bois laqué ou en porcelaine blanche, ils représentent souvent des animaux, des plantes ou des figures humaines.

L’aubergine revêt une symbolique particulière au Japon, notamment dans l’Hatsuyume (premier rêve de la nouvelle année). Traditionnellement, ce rêve doit prédire la chance du rêveur dans l’année qui suit. Depuis l’époque Edo, la croyance populaire veut qu’un rêve constitué du mont Fuji, d’un faucon et d’une aubergine soit de très bonne augure.  Une formule japonaise résume le principe de l’Hastuyume : Ichi-Fuji, Ni-Taka, San-Nasubi (« 1. Fuji, 2. Faucon, 3. Aubergine »).

Ce premier rêve est largement répandu durant la période Edo, néanmoins l’origine de cette tradition reste inconnue. Plusieurs hypothèses existent. Selon une version attribuée à Tokugawa Ieyasu, cette formule est issue de l’ancienne province de Suruga : il s’agirait des trois choses les plus élevées de la province : le mont Fuji, le mont Ashitaka (se terminant par « taka » qui signifie faucon) et le prix très élevé des premières aubergines.

D’autres hypothèses mettent en avant la portée symbolique des trois éléments : le caractère sacré du mont Fuji, la force et l’intelligence du faucon, l’homonymie du mot aubergine et du verbe « accomplir ».

Il est aussi possible que cette formule soit issue de la ville de Komagoneabritantle temple Komagome Fuji-jinja, d’où il était possible d’observer le mont Fuji. Les vestiges d’une maison de fauconniers établie par le shôgun Yoshimune Tokugawa (1684-1751) ont également été révélés par des fouilles menées dans les années 1970. Enfin, Komagome était à l’époque d’Edo une terre de production d’aubergines.

En terre émaillée, en bois laquée ou en porcelaine blanche, ils représentent souvent des animaux, des plantes ou des figures humaines.

Il semble que le piment a été importé au Japon dans le courant du XVIIème siècle par l’intermédiaire des Portugais. Une explication linguistique atteste cette hypothèse car c’est aussi à cette période que fut importé le maïs qui se dit pour rappel とうもろこし (tômorokoshi). Celui-ci a pour point commun avec tôgarashi de commencer par le préfixe . Ceci n’est bien sûr pas un hasard puisque cela un rapport direct avec le kanji 唐 qui renvoyait à l’origine à la Chine pour ensuite désigner tout ce qui venait de l’étranger, tout ce qui était importé au sens large.

Bien souvent, tôgarashi sera traduit par “piment rouge” afin d’éviter la confusion avec ピーマン (pîman) à rapprocher du portugais pimentão depuis le latin pigmentum désignant dépendant du lieu et de l’époque : soit toute substance colorante soit le mot épice en général. De nos jours au Portugal comme au japon, ce dernier désigne plutôt le piment doux, le poivron. Celui-ci n’est attesté à l’écrit en français qu’à partir de la deuxième moitié du XVII ème siècle, formé du mot poivre et du suffixe -on.

Partout à travers le monde le piment est associé a des qualités dynamiques, parfois avérées grâce à leurs effets toniques aujourd’hui bien connus sur le cœur. En Chine les guirlandes de piments mises à sécher devant les fenêtres et au-dessus des portes de maisons ont la réputation d’attirer la chance et la prospérité et de repousser des influences néfastes. Au Japon les piments importés étaient très prisés par la caste des samouraïs de l’ère Edo, ceux-ci les consommaient avant la bataille soit pour se donner du courage soit en pensant se désensibiliser à la douleur.

Présenté avec sa boite de transport signée par Murooka Shuo (田中 高明)

Japon – ère Taisho (1912-1921)

Hauteur : 2.5 cm – longueur : 9 cm – largeur : 3 cm