SUZURIBAKO CAILLES – XXe siècle (fin Meiji / début Taishō)

Référence : 2026-1505

Petit suzuribako (boîte à écrire) en bois naturel à décor laqué de deux cailles parmi des pousses de millet (awa). Les cailles en incrustation d’étain au plumage et au bec dessinés en laque noire, les détails en maki-e d’or d’intensités différentes, les pattes et les plantes en laque pigmentée verte. L’intérieur du couvercle et de la boite en laque negoro (laque rouge sur laque noire ou inversement). Suiteki (godet à eau) en cuivre et suzuri (pierre à encre) décorée en maki-e d’or.

Boîte de transport (tomobako) en bois probablement signée « Heian Zōhiko saku » (« fait par Heian Zōhiko » 平安象彦作).

Les cailles sont un sujet récurrent dans l’art japonais : elles sont généralement figurées en couple. Quand elles sont au milieu de plants de millets (awa), leur association, « shigi to awa », serait une allusion au quartier de Fushimi, de l’actuelle ville de Kyoto.

L’atelier de laque Zōhiko, dont le magasin principal est aujourd’hui installé dans la célèbre galerie marchande de Teramachi-dori, au cœur de Kyoto, fut formellement fondé en 1918, au cours de l’ère Taishō (1912-1926), aux abords du parc Okazaki, dans la même ville. L’histoire de l’atelier remonte cependant au début de l’époque d’Edo (1603-1868), et plus précisément à l’année 1661 : c’est au cours de celle-ci que Yasui Schichibei fonda Zōge-ya, un magasin de laques ayant obtenu le privilège shogunal de faire commerce avec la Chine. Ce n’est qu’au cours du XVIIIe siècle que la propriété de Zōge-ya fut transférée à Nisihimura Hikobei I, un maître laqueur spécialiste du maki-e d’un certain renom. Faisant ainsi fructifier l’affaire familiale au fil des décennies, c’est à partir de 1803, date à laquelle Nishimura Hikobei III reprit à son tour l’atelier, que le terme « Zōhiko » apparu : « Zō » en référence à Zoge-ya ; « Hiko » à Hikobei. Hikobei III eut en effet comme charge – et honneur, à n’en pas douter – de fournir la Cour Impériale en œuvres décorées selon la technique du maki-e. Son successeur, Nishimura Hikobei IV marcha dans les pas de son prédécesseur et travailla, à son tour, pour le compte de la famille impériale : il devint l’un des fournisseurs de maki-e du palais impérial Sentō de Kyoto, où les empereurs ayant abdiqué avaient pour habitude d’élire résidence entre 1630 et 1854. Sa réputation faite et son avenir garanti, décision fut donc prise, en 1918, d’ouvrir un magasin du nom de « Zōhiko » près du parc Okazaki, à Kyoto. Spécialisé dans la production d’objets destinés à l’export, il reçu la visite de nombreux dignitaires étrangers et, bien entendu, de membres de la famille impériale. Participant aux Expositions universelles de 1925 et de 1936, il exista jusqu’en 2014, date à laquelle la décision fut prise de transférer le magasin principal dans la galerie commerciale de Teramachi-dori.

Japon – XXème siècle (fin ère Meiji / début ère Taishō)

Longueur : 26,5 cm – Largeur : 10 cm – Hauteur : 2 cm