NETSUKE MANJU PHENIX – EDO

Référence : 2026-1489

Netsuke de type manju (de forme ronde) ryusa (ajouré) en bois sculpté d’un phénix enroulé.

Signé Sentsui (?)

De forme ronde ou ovale, le netsuke manju doit son nom au gâteau rond et gonflé, cuit à la vapeur, dont la recette fut importée de Chine au début du XIIIe siècle par Shōichi Kokushi, moine et fondateur du Tōfuku-ji, un temple bouddhiste à Kyoto. Ces gâteaux étaient réputés avoir la capacité d’expulser le souffle mauvais du changement de saison. Si la plus grande partie des netsuke manju étaient réalisés en ivoire, il n’est pas rare d’en retrouver en fer ou en bois, aussi bien brut que laqué.  La plupart, comme c’est le cas ici, ont un diamètre généralement compris entre 2 et 6 centimètres, leur forme ronde rappelant celle de nos boutons contemporains, cette forme leur ayant valu le surnom de « bouton de mandarin », bien que cette comparaison soit totalement erronée quant à l’utilisation qui en est faite. Plusieurs systèmes de fixation sont généralement employés. Ici, le manju est constitué d’un seul bloc et percé de deux trous pour laisser passer le cordon d’attache d’un éventuel netsuke.

Le phénix a une symbolique impériale et solaire. Cet oiseau de bon augure incarne également des vertus tirées de l’enseignement de Confucius (comme la bonté, la droiture et la sagesse).  Cet oiseau fantastique est l’invité d’honneur au festival Kanda Matsuri. Au Japon, il se nomme Houou. Le phénix japonais ressemble à un paon avec une queue constituée de longues plumes colorées. Cet animal de feu incarne le cycle de la vie, la renaissance, l’immortalité et le triomphe. Le phénix associé au dragon représente le couple impérial. Cet animal légendaire est souvent présent dans l’art japonais tout comme son homologue, le paon qui lui est un animal bien réel.

Provenance : collection de William « Billy » Wilberforce Winkworth.

William « Billy » Wilberforce Winkworth est le fils de Stephen D. Winkworth, lequel fonda l’Oriental Ceramic Society à son domicile, en 1921. Après avoir servi dans l’armée pendant la Première Guerre mondiale, il a rejoint le personnel du BM de 1922 à 1926 sous la direction de R.L. Hobson au département de céramique. Il quitta ce poste pour devenir collectionneur à plein temps et « marchand amateur » ; plus tard, entre 1948 et 1970, il fut catalogueur à temps partiel pour Sotheby’s, où il catalogua des netsuke, des laques et des accessoires d’épée japonais. Il était réputé pour son œil et son expertise, en particulier dans le domaine de la céramique. Il exerça une grande influence sur sa génération de collectionneurs britanniques. Ses quelques publications sont répertoriées dans la nécrologie de John Mallet. Il prend sa retraite sur l’île de Wight en 1972.

Japon – époque d’Edo (1603-1868), XIXe siècle

Diamètre – 4 cm