MANJU FLEUR CERISIER – EDO

Référence : 2026-1485

Netsuke de type manju (de forme ronde) en bois sculpté de fleurs de cerisier sur une face et de motifs géométriques sur l’autre.

Porte la signature « Getsu »

De forme ronde ou ovale, le netsuke manju doit son nom au gâteau rond et gonflé, cuit à la vapeur, dont la recette fut importée de Chine au début du XIIIe siècle par Shōichi Kokushi, moine et fondateur du Tōfuku-ji, un temple bouddhiste à Kyoto. Ces gâteaux étaient réputés avoir la capacité d’expulser le souffle mauvais du changement de saison. Si la plus grande partie des netsuke manju étaient réalisés en ivoire, il n’est pas rare d’en retrouver en fer ou en bois, aussi bien brut que laqué.  La plupart, comme c’est le cas ici, ont un diamètre généralement compris entre 2 et 6 centimètres, leur forme ronde rappelant celle de nos boutons contemporains, cette forme leur ayant valu le surnom de « bouton de mandarin », bien que cette comparaison soit totalement erronée quant à l’utilisation qui en est faite. Plusieurs systèmes de fixation sont généralement employés. Ici, le manju est constitué d’un seul bloc et percé de deux trous pour laisser passer le cordon d’attache d’un éventuel netsuke.

La fleur de cerisier, ou sakura, est l’une des fleurs japonaises les plus emblématiques et vénérées au Japon. Elle symbolise la beauté éphémère et la nature transitoire de la vie. Chaque année, lors de la floraison des cerisiers au printemps, les Japonais célèbrent l’événement lors de festivals appelés Hanami, où ils se réunissent pour admirer et apprécier la beauté des fleurs de cerisier. Cette pratique est profondément enracinée dans la culture japonaise et symbolise la gratitude pour la beauté de la nature ainsi que la conscience de la fragilité de la vie. La courte durée de floraison des cerisiers, qui ne dure que quelques jours à peine, rappelle aux gens de savourer l’instant présent et de profiter de la beauté éphémère de la vie. Pour cette raison, la fleur de cerisier est souvent associée à des notions de renouveau, d’espoir et de gratitude.

Sakura, ou fleur de cerisier, est probablement la fleur la plus connue et la plus emblématique du Japon. Il a une signification particulière dans la culture japonaise, symbolisant la beauté et la fugacité de la vie. Les fleurs de cerisier sont appréciées pendant le hanami, une tradition japonaise consistant à profiter des fleurs et à pique-niquer sous les cerisiers en fleurs en pleine floraison. Chaque printemps, les cerisiers fleurissent à travers le Japon, créant des paysages époustouflants avec leurs délicates fleurs roses. La fleur de cerisier a fait l’objet d’innombrables œuvres d’art et de poésie et reste un symbole durable du Japon et de sa culture. Outre son importance culturelle et symbolique, la fleur de cerisier est également appréciée pour sa beauté esthétique. Il existe plus de 200 variétés de cerisiers, chacune avec ses propres caractéristiques et couleurs de fleurs allant du blanc pur au rose foncé.

Provenance : collection de William « Billy » Wilberforce Winkworth.

William « Billy » Wilberforce Winkworth est le fils de Stephen D. Winkworth, lequel fonda l’Oriental Ceramic Society à son domicile, en 1921. Après avoir servi dans l’armée pendant la Première Guerre mondiale, il a rejoint le personnel du BM de 1922 à 1926 sous la direction de R.L. Hobson au département de céramique. Il quitta ce poste pour devenir collectionneur à plein temps et « marchand amateur » ; plus tard, entre 1948 et 1970, il fut catalogueur à temps partiel pour Sotheby’s, où il catalogua des netsuke, des laques et des accessoires d’épée japonais. Il était réputé pour son œil et son expertise, en particulier dans le domaine de la céramique. Il exerça une grande influence sur sa génération de collectionneurs britanniques. Ses quelques publications sont répertoriées dans la nécrologie de John Mallet. Il prend sa retraite sur l’île de Wight en 1972.

Japon – Époque Edo (1603-1868)

Diamètre – 5 cm